L'avenant au devis : quand il est obligatoire, et ce qui arrive sans lui

13 septembre 2026·7 min de lecture

L'essentiel en une phrase. Dès qu'un travail non prévu au devis surgit sur un marché à forfait, un écrit séparé signé avant exécution est obligatoire pour pouvoir le facturer : c'est l'avenant, aussi appelé devis complémentaire.

Un support qui s'effrite derrière le carrelage déposé, un réseau électrique non conforme découvert en ouvrant une cloison, une surface réelle plus grande que celle mesurée au devis : ce sont les trois découvertes les plus fréquentes de chantier, et elles ont toutes la même issue légale. Sur un marché à forfait, l'article 1793 du Code civil interdit de réclamer un supplément pour ces travaux si leur exécution n'a pas été autorisée par écrit et leur prix convenu au préalable avec le client.

Le mot technique pour cet écrit est l'avenant. Dans la pratique du bâtiment, il prend presque toujours la forme d'un devis complémentaire : une pièce à part, chiffrée, datée et signée avant que le premier coup d'outil ne soit donné sur ce poste précis.

Ce que dit exactement l'article 1793

Le texte vise le marché à forfait, c'est-à-dire un prix global convenu à l'avance pour un ouvrage déterminé. Il pose une règle simple : aucun supplément ne peut être exigé sans une autorisation écrite du maître d'ouvrage et un prix arrêté avec lui, même si le travail a réellement été effectué. Un accord verbal, un « oui, allez-y » lancé sur le chantier, ou un SMS de principe n'ont aucune valeur devant ce texte : la preuve de l'accord repose entièrement sur l'entreprise, pas sur le client.

Avenant ou devis complémentaire : un seul et même document

Les deux mots désignent la même réalité vue sous deux angles. « Avenant » est le terme qu'emploieront le contrat, l'assurance ou, en cas de litige, le juge. « Devis complémentaire » est le nom de la pièce que vous, artisan, éditez concrètement. Il ne faut pas s'étonner de produire l'un quand on vous demande l'autre : dans les deux cas, il s'agit d'un accord daté, chiffré et signé avant l'exécution.

Ce que doit contenir cet écrit

Le devis d'origine, lui, ne bouge pas : il continue de courir tel qu'il a été signé. Le réécrire en « version 2 » n'a de sens que tant qu'il n'a pas encore été accepté par le client — une fois signé, toute modification repasse par un document séparé, faute de quoi c'est l'ensemble du marché initial qui se retrouve rouvert à la négociation.

Le réflexe à avoir dès la découverte

Dès qu'un imprévu apparaît, le poste concerné s'arrête. On chiffre le supplément, on le fait signer, puis seulement ensuite on reprend le travail. Une photo de la découverte — le support pourri, le réseau non conforme — appuie la démonstration si le client conteste plus tard que le travail n'était pas prévisible au moment du chiffrage initial.

Ce qui se passe si vous exécutez sans avenant

Le scénario le plus courant d'impayé dans le bâtiment suit exactement ce chemin : la découverte se fait sur le chantier, le client donne un accord oral, l'entreprise exécute, et la discussion sur le prix n'arrive qu'à la facture finale. À ce moment, sur un marché à forfait, l'article 1793 donne raison au client qui n'a rien signé par écrit. Un devis complémentaire d'une page, accepté à froid avant l'ouverture du poste, évite ce piège en le transformant en décision prise en connaissance de cause par les deux parties.

Si le client refuse l'avenant

C'est son droit absolu. Dans ce cas, l'entreprise exécute le marché d'origine tel qu'il a été signé, sans le poste supplémentaire, et consigne par écrit ce qui n'a pas été réalisé et pour quelle raison. L'entreprise elle-même peut aussi refuser d'exécuter un travail supplémentaire qu'elle ne souhaite pas prendre en charge : il ne fait pas partie de son engagement d'origine.

Et le taux de TVA du supplément ?

Une question revient souvent au moment de facturer : quel taux appliquer sur ce poste ajouté en cours de route ? La réponse est la plus simple possible : le même taux que celui des travaux auxquels le supplément se rattache. Un renfort de structure découvert pendant une rénovation énergétique suit le taux réduit applicable à cette rénovation ; un ajout sans lien avec un taux particulier reste au taux normal. Il n'existe pas de taux propre à l'avenant en tant que tel : c'est la nature du travail réalisé qui commande, exactement comme sur le devis d'origine.

Une erreur fréquente à éviter

Mélanger les lignes du supplément avec celles du marché d'origine sur la même facture rend tout le dossier illisible en cas de litige. Une facture séparée, ou au minimum une ligne clairement distincte, garde la traçabilité intacte entre ce qui était prévu au départ et ce qui a été ajouté en cours de route.

Chiffrer un avenant ne devrait pas prendre plus de temps qu'un appel téléphonique. BatiSpot permet de dicter le travail supplémentaire constaté sur place et d'obtenir un devis complémentaire prêt à faire signer avant de reprendre le chantier.

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Sources