Délai des travaux après un acompte : ce que la loi impose à l'artisan

14 septembre 2026·6 min de lecture

L'essentiel en une phrase. Ce n'est pas la date de l'acompte qui compte légalement, mais celle inscrite au devis : l'entreprise doit exécuter la prestation à cette date, ou, à défaut de date écrite, sans retard injustifié et au plus tard 30 jours après la signature du contrat (Code de la consommation, art. L216-1).

Un client qui a réglé son acompte et qui voit passer les semaines sans voir d'échafaudage devant chez lui pose souvent la question dans le désordre : il compte les jours depuis son virement. Le point de départ légal n'est pourtant pas le paiement de l'acompte, c'est la conclusion du contrat, autrement dit la signature du devis. Dans la pratique du bâtiment, les deux dates sont souvent très proches, mais elles ne se confondent pas juridiquement.

Si une date de début des travaux figure sur le devis signé — ce qui est une mention obligatoire pour tout devis de travaux —, c'est cette date qui engage l'entreprise. En l'absence de date écrite ou d'accord exprès sur un délai, l'article L216-1 du Code de la consommation impose au professionnel d'exécuter la prestation « sans retard injustifié » et, au maximum, dans les 30 jours qui suivent la signature.

Ce que dit précisément le Code de la consommation

Le chapitre du Code de la consommation consacré à la délivrance et à la fourniture de services s'applique aux travaux commandés par un particulier, au même titre qu'à la vente d'un objet. L'article L216-1 pose la règle du délai ; les articles L216-6 et L216-7 organisent ce qui se passe si ce délai n'est pas tenu. Ce sont ces trois articles, pas un délai « d'usage dans le bâtiment », qui encadrent la question.

Ce que le client peut faire s'il ne se passe rien

Deux options s'offrent à lui, prévues par l'article L216-6, et elles ne demandent pas les mêmes précautions.

Le remboursement en cas de résolution

Si le contrat est résolu selon ce mécanisme, l'article L216-7 impose à l'entreprise de rembourser l'intégralité des sommes déjà versées, acompte compris, dans un délai de 14 jours à compter de la date de résolution. Ce remboursement n'est pas négociable ni conditionné à un accord amiable : c'est une obligation légale qui court dès la résolution notifiée.

Le retard en cours de chantier, pas seulement au démarrage

Le même raisonnement vaut pour un chantier commencé puis interrompu de façon prolongée, sans que l'entreprise ne prévienne ni ne justifie l'arrêt. L'article 1231-1 du Code civil pose le principe général : l'entreprise doit des dommages-intérêts pour inexécution ou retard dans l'exécution, sauf si elle prouve que ce retard résulte d'un cas de force majeure. L'article 1231 précise qu'une mise en demeure préalable, sauf inexécution définitive, conditionne en principe cette réparation.

Ce qui protège une entreprise de bonne foi

Un décalage de planning, une livraison de matériaux qui glisse, une intempérie : rien de tout cela n'est illégal en soi, tant que le client en est informé avant que le retard ne devienne un fait accompli. Aucune de ces situations ne dispense de respecter le mécanisme de mise en demeure décrit plus haut si le client décide de s'en prévaloir, mais un dossier de chantier qui trace chaque décalage, sa cause et la nouvelle date annoncée reste la meilleure défense en cas de désaccord.

Un point souvent confondu avec le sujet

Le délai d'exécution des travaux n'a rien à voir avec l'interdiction d'encaisser un paiement pendant les 7 jours suivant une signature hors établissement, prévue par un autre article du même code. Ce délai de 7 jours concerne le moment où l'entreprise a le droit de toucher l'argent, pas celui où elle doit commencer les travaux : les deux comptent séparément et ne s'additionnent pas.

Un scénario concret, pour fixer les idées

Un devis signé le 3 mars indique un début de chantier « courant avril », sans date précise. L'acompte est encaissé le 10 mars. Si rien n'a démarré début mai, le client peut s'appuyer sur l'absence de date ferme et sur le délai maximal de 30 jours prévu par l'article L216-1 pour mettre l'entreprise en demeure. À l'inverse, un devis qui indique clairement « démarrage semaine du 14 avril » fixe une obligation précise, et c'est cette date-là qui sert de référence en cas de désaccord, pas le délai par défaut de 30 jours.

Ce que cela change concrètement pour l'entreprise

La leçon pratique n'est pas de retarder l'acompte ni de se méfier du client, mais d'inscrire une date de démarrage réaliste sur chaque devis, et de la tenir ou de la renégocier par écrit avant qu'elle n'expire. Un devis qui ne mentionne qu'une durée de chantier sans date de début laisse planer une ambiguïté que la loi tranche alors au maximum du délai, ce qui n'arrange jamais l'entreprise en cas de tension avec le client.

Un planning tenu commence par un devis daté correctement. BatiSpot permet de chiffrer un chantier à la voix et d'y inscrire une date de démarrage réaliste dès la remise du devis, avant que le client n'ait à se poser la question du délai.

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Sources