Sous-traitance artisan : 5 risques pour vous

Votre artisan sous-traite une partie du chantier sans vous prévenir ? Pas de panique, mais quelques règles à connaître pour rester protégé.

Sommaire

  1. 1. C'est quoi la sous-traitance et c'est légal ?
  2. 2. Risque #1 : Décennale du sous-traitant invalide
  3. 3. Risque #2 : Travail au noir camouflé
  4. 4. Risque #3 : Refus du sous-traitant en cas de malfaçon
  5. 5. Risque #4 : Le sous-traitant vous demande paiement direct
  6. 6. Risque #5 : Le sous-traitant abandonne le chantier
  7. 7. Comment vous protéger

Sous-traitance : c'est quoi, et c'est légal ?

Loi du 31 décembre 1975 (n° 75-1334) : un artisan peut sous-traiter une partie de votre chantier à un autre professionnel. C'est légal et fréquent.

Exemples typiques :

L'artisan principal (titulaire du devis) reste votre seul interlocuteur et reste responsable de l'ensemble du chantier face à vous.

📌 Mais : la loi 1975 impose à l'artisan principal de vous notifier par écrit tout sous-traitant utilisé, avec son SIRET et son attestation décennale. Beaucoup ne le font pas — d'où les risques.
Risque #1

Décennale du sous-traitant invalide

L'artisan principal a une décennale en règle. Il sous-traite la pose du carrelage à un copain qui n'a pas la sienne. 6 ans plus tard, le carrelage se décolle massivement. Vous attaquez la décennale du principal — qui pointe le sous-traitant.

Si le sous-traitant n'a pas de décennale, ou si la sienne est lapsed, c'est l'assureur du principal qui paye en premier. Mais ils peuvent contester si le sous-traitant n'était pas déclaré.

Comment vous protéger :

Risque #2

Travail au noir camouflé en sous-traitance

Le piège classique : l'artisan facture au tarif normal, mais sur le chantier travaille un "ami" non déclaré. C'est du travail dissimulé (article L.8221-3 Code du travail).

Conséquences pour vous :

⚠️ Signaux d'alerte :
  • Un nouveau visage arrive sur le chantier sans présentation
  • L'artisan refuse de fournir l'identité du "collègue"
  • Demande de paiement en espèces "pour aller plus vite"
  • Pas de facture détaillant les heures du sous-traitant
Risque #3

Refus du sous-traitant en cas de malfaçon

Le sous-traitant a posé l'électricité. Quelques mois plus tard, défaillance — disjoncteur qui saute en permanence. Vous appelez l'artisan principal. Il vous dit : "C'est l'électricien sous-traitant, vous devez voir avec lui."

Faux légalement. L'artisan principal reste votre seul interlocuteur. Il doit vous arranger ça (et se débrouiller avec son sous-traitant).

Comment réagir :

  1. LRAR au principal qui rappelle l'article 1184 du Code civil et la loi 1975
  2. Refus catégorique de contacter le sous-traitant directement (cela exonérerait le principal)
  3. Si refus persistant : médiation → tribunal contre le principal
Risque #4

Le sous-traitant vous demande paiement direct

Cas spécifique mais important. Si l'artisan principal ne paie pas son sous-traitant, ce dernier peut, sous certaines conditions, vous réclamer le paiement directement (article 12 de la loi 1975).

Vos obligations :

Pour les chantiers professionnels (B2B avec syndic, marchand de biens), l'agrément est obligatoire dès qu'un sous-traitant intervient.

Pour les chantiers particulier (B2C), l'agrément n'est pas obligatoire mais fortement recommandé.

Risque #5

Le sous-traitant abandonne le chantier

Le sous-traitant a un problème (faillite, accident, conflit avec le principal) et abandonne. L'artisan principal peine à le remplacer rapidement. Votre chantier est bloqué.

Vos recours :

📌 Soyez vigilant sur les chantiers complets tous corps d'état : le principal peut sous-traiter 70 % du chantier. Si lui-même fait faillite, vous vous retrouvez face à une multitude de sous-traitants impayés.

Comment vous protéger : 6 actions concrètes

  1. Clause sous-traitance dans le devis : exigez que toute sous-traitance soit notifiée par écrit avec accord préalable
  2. Liste exhaustive des intervenants avant chantier : nom, SIRET, métier, décennale
  3. Présentation physique de chaque sous-traitant le 1er jour de son intervention
  4. Photos quotidiennes du chantier avec qui fait quoi (utile en cas de litige)
  5. Réception poste par poste : recevez chaque corps d'état séparément (plomberie, électricité, peinture)
  6. Acompte raisonnable (max 30 %) et solde à la levée totale des réserves
✅ Le bon réflexe : préférez un artisan qui dit honnêtement "je sous-traite ces 3 lots" plutôt qu'un qui prétend tout faire seul et amène un autre quand vous avez le dos tourné.

Tous les artisans BatiSpot déclarent leur sous-traitance

Notre charte impose la déclaration écrite de tout sous-traitant + ses justificatifs (SIRET, décennale). Pas de mauvaise surprise.

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Questions fréquentes

Mon artisan a sous-traité sans me le dire, c'est grave ?

Pas grave en soi (il reste responsable), mais demandez-lui par écrit la liste + les attestations. S'il refuse, c'est un signal d'alarme.

Puis-je refuser un sous-traitant ?

Oui, vous pouvez refuser un sous-traitant agréé pour motif légitime (réputation douteuse, certifications manquantes). L'artisan doit en proposer un autre.

Le sous-traitant peut-il intervenir sans être sur le devis ?

Oui, le sous-traitant n'a pas à apparaître sur votre devis (qui lie l'artisan principal et vous). Mais l'artisan a obligation de vous le notifier par écrit avant le chantier (loi 1975 article 3).