Il fait 38 degrés, qu'est-ce que je dois faire pour mes gars sur le chantier ?
Chaleur : ce qui est obligatoire depuis le 1er juillet 2025 (décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, art. R4463-1 à R4463-8 du Code du travail). Un épisode de chaleur intense est défini par la vigilance canicule Météo-France jaune, orange ou rouge (arrêté du 27 mai 2025). L'employeur doit évaluer ce risque (intérieur comme extérieur) et l'écrire dans le document unique, puis prévoir les mesures de R4463-3 : procédés moins exposants, aménagement des postes, horaires adaptés pour limiter durée et intensité de l'exposition, protections contre le rayonnement solaire, plus d'eau fraîche, équipements de travail adaptés, EPI contre les fortes températures, information et formation des salariés. Pendant l'épisode, il les met en œuvre et les renforce si la chaleur s'intensifie (R4463-7). Il adapte les mesures aux travailleurs vulnérables (âge, état de santé) et organise le signalement et les secours, surtout pour les travailleurs isolés. Le plan de prévention, le PGC et le PPSPS doivent intégrer la chaleur (R4463-8). Sur un chantier du BTP, le travailleur indépendant applique lui aussi ces mesures pour lui-même (R4535-14). Eau (R4534-143, rédaction 2025) : eau potable et fraîche pour boire et se rafraîchir ; sans eau courante sur le chantier, 3 litres minimum par jour et par travailleur, davantage en épisode de chaleur (R4463-4 : quantité suffisante, maintenue fraîche). Les boissons chaudes par temps froid relèvent des conventions collectives. Abri (R4534-142-1) : un local d'accueil qui préserve la santé en cas de conditions climatiques dangereuses, ou des aménagements de chantier équivalents (zone d'ombre, bungalow ventilé l'été, chauffé l'hiver). Organisation, repères OPPBTP et d'atelier : l'OPPBTP situe le risque au-delà de 30 °C et sous 10 °C ; commencer tôt, arrêter les tâches lourdes aux heures chaudes, rotations, pauses à l'ombre, jamais seul en toiture ou en tranchée, surveillance mutuelle ; décaler les enduits, bétons et étanchéités (qui souffrent aussi de la chaleur). Coup de chaleur = urgence vitale (température corporelle > 40,6 °C, comportement anormal, nausées, vomissements, d'après l'OPPBTP) : appeler le 15, mettre à l'ombre, refroidir. Froid : aucune température minimale dans le Code du travail (INRS) ; l'employeur protège contre le froid et les intempéries après avis du médecin du travail (R4223-15) et aménage les postes extérieurs (R4225-1) ; l'INRS invite à la vigilance sous 5 °C (plus tôt avec vent ou humidité). Repères : vêtements en couches, gants, bonnet sous casque, pauses au chaud, boissons chaudes, attention aux sols gelés, aux échafaudages givrés et aux engins au démarrage. Jeunes travailleurs : interdits d'exposition à des températures extrêmes (D4153-36). Signes : engourdissement, gelures, hypothermie (troubles de conscience). Chômage intempéries canicule (décret n° 2024-630 du 28 juin 2024) : depuis juin 2024, la canicule est une intempérie indemnisable. Arrêts du 1er juin au 15 septembre, département en vigilance orange ou rouge Météo-France (ou arrêté préfectoral) ; la caisse CIBTP vérifie elle-même la vigilance ; remboursement avec un coefficient canicule fixé chaque campagne ; règles habituelles inchangées (déclaration, heures minimales). L'arrêt est décidé par l'employeur ou son représentant sur le chantier, pas par le salarié (art. L5424-9, à confirmer sur le texte). Le gel et la neige restent couverts comme avant. Métré / devis : pas de ligne d'ouvrage ; en période chaude, prévoir au planning des horaires décalés et au chiffrage le temps perdu (repère d'atelier), et écrire au devis qu'un épisode orange ou rouge peut suspendre le chantier. À demander à l'artisan : salariés ou seul, travail en toiture, en façade exposée ou en espace fermé, eau courante et abri sur le chantier, salariés jeunes, âgés ou avec traitement, vigilance du jour pour le département, document unique à jour.
Les repères chiffrés
| Eau sans eau courante l par jour | 3 min |
|---|---|
| Repere risque chaleur | 30 °C |
| Coup de chaleur temp corporelle | 40,6 °C |
| Vigilance froid | 5 °C |
| Repere risque froid oppbtp | 10 °C |
| Période debut | 01-06 |
| Période fin | 15-09 |
Pourquoi ça compte
Depuis l'été 2025, protéger ses salariés de la chaleur n'est plus seulement du bon sens : c'est un chapitre du Code du travail, avec des mesures à écrire à l'avance et à appliquer dès la vigilance jaune. Un malaise en toiture un après-midi de canicule, sans eau ni ombre prévues, c'est un accident du travail grave et un employeur qui n'a rien à montrer à l'inspection. À l'inverse, depuis 2024, arrêter le chantier en vigilance orange ou rouge est indemnisé comme un jour de gel.
Les erreurs qu'on voit le plus souvent
- Attendre l'alerte rouge pour réagir — les obligations démarrent dès l'épisode de chaleur intense (vigilance jaune).
- Un pack d'eau tiède dans le camion — la loi demande de l'eau fraîche, au moins 3 litres par personne et par jour sans eau courante.
- Laisser un compagnon seul sur le toit aux heures chaudes — personne pour voir le malaise ni appeler les secours.
- Ne pas déclarer l'arrêt canicule à la CIBTP — journée non indemnisée alors qu'elle y avait droit.
- Croire qu'il existe une température légale d'arrêt l'hiver — il n'y en a pas : c'est l'évaluation des risques qui décide.
Voir aussi
- Je dois faire quoi pour l'amiante avant de casser un sol dans un appart de 1975 ?
- Quand est-ce que le plan de prévention écrit est obligatoire ?
- Le client veut bloquer 10 % jusqu'à la fin des travaux, il a le droit ?
Autres questions sur ce sujet
La canicule c'est pris en charge en chômage intempéries ?
Oui depuis juin 2024 (décret n° 2024-630) : arrêts du 1er juin au 15 septembre quand le département est en vigilance canicule orange ou rouge Météo-France ou sous arrêté préfectoral ; la CIBTP vérifie la vigilance elle-même ; remboursement avec un coefficient canicule fixé chaque campagne, règles de déclaration habituelles
Il y a une température minimale en dessous de laquelle on arrête le chantier l'hiver ?
Non, le Code du travail ne fixe aucune température minimale (INRS) ; l'employeur doit protéger contre le froid et les intempéries (R4223-15, R4225-1), fournir un local d'accueil ou un aménagement équivalent (R4534-142-1) et des boissons chaudes selon la convention collective ; vigilance sous 5 °C ; le gel et la neige ouvrent droit au chômage intempéries comme avant
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